Livres Romans Poemes Litterature grands ecrivains

 

LA PRAIRIE


tête de son cbeval



il courut au coin le plus voisin du petit bois derrière lequel ils étaient, et regarda avec at tention dans la Prairie, dans une direction opposée l'endroit où ils se trouvaient. Après cette condui inexplicable pour presque tous ceux qui en étaient témoins, il revint à pas lents, fixa les yeux sur Inez, alla plusieurs fois en avant et en arrière avec l'air d'un homme qui soutient dans le fond de son cœur une lutte pénible sur quelque point important. Il avait serré les rênes de son coursier impatient, et il semblait sur le point d'adresser la parole au Trappeur, quand tout à coup sa tête retomba sur sa poitrine, et il reprit la même attituded'attention. Courant au grand galop vers le coin du bois où il avait déjà été, il y décrivit pendant un instant quelques cercles rapides avec la légèreté d'un daim, comme s'il n'eût su de quel côté se diriger, et enfin il partit comme un oiseau qui a voltigé autour de son nid avant de prendre son essor. On le vit courir dans la plaine pendant une minute, puis il disparut derrière une colline.
Les chiens, qui depuis longtemps avaient aussi montré une agitation inquiète, le suivirent un instant; et revenant ensuite, ils se couchèrent par terre en faisant entendre des hurlements sourds et plaintifs, qui avaient quelque chose d'alarmant.
CHAPITRE VI
Les 'divers événements rapportés à la fin du chapitre précédent s'étaient passés si rapidement, que le vieillard, qui ne manquait jamais d'observer la circonstance même la plus légère, n'avait pas eu le temps d'exprimer son opinion sur les motifs de la conduite du jeune Indien ; mais lorsque le Pawnie eut disparu, il secoua la tête, et murmura à demi-voix en se rendant à pas lents vers le coin du bois que le guerrier venait de quitter :
— Il y a dans l'air des pistes à sentir et des sons à entendre, quoique mes misérables sens ne soient plus assez bons pour me les faire connaître.
— Il n'y a rien à voir ici, dit Middleton qui l'avait suivi avec le docteur. — J'ai de bons yeux et de bonnes oreilles, et cependant je puis vous assurer que je ne vois ni n'entends rien.
— Vous n'êtes ni sourd ni aveugle, reprit le vieillard d'un ton un peu dédaigneux ; vos yeux peuvent voir d'une des extrémités d'une église à l'autre, et vos oreilles entendre les sons d'une cloche dans une ville. Mais vous n'auriez point passé un an dans ces Prairies, que vous reconnaîtriez que vous vous êtes trompé cinquante




































































































































































 


© Copyright 2005-2006 Les-livres.net