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LA PRAIRIE


compte



qu'on avait trouvé un homme mort dans l'enceinte des lignes, à peu de distance de son logement. S'étant habillé à la hâte, Middleton se rendit sur les lieux, et reconnut l'individu avec lequel il avait eu une conversation la veille, et qui était étendu précisément à l'endroit où il l'avait rencontré.
Ce misérable avait péri victime de son intempérance. Ce fait révoltant était suffisamment prouvé par ses yeux rouges qui sortaient de leur orbite, par son visage gonflé, et par l'odeur insupportable qu'exhalait déjà son cadavre. Le jeune officier détournait les yeux, après avoir ordonné qu'on transportât le corps hors du camp, lorsque la position d'une des mains du défunt le frappa. En l'examinant, il vit qu'il avait l'index allongé, comme pour écrire sur le sable, et il remarqua les caractères suivants mal tracés, mais lisibles : « Capitaine, il est vrai, comme je suis honn..... » Mais avant de finir la phrase, la mort l'avait frappé, ou il avait succombé à un sommeil qui en était le précurseur.
Sans faire part à personne de cette cironstance, Middleton réitéra ses ordres, et se retira. L'obstination du défunt et toutes les circonstances réunies le portèrent à prendre secrètement quelques informations, et il apprit qu'une famille dont la description ressemblait parfaitement à celle que l'ivrogne lui avait faite, avait effectivement passé par cette ville le jour même de son mariage. On suivit aisément ses traces sur les rives du Mississipi jusqu'à une certaine distance. Là elle s'était embarquée et avait remonté ce fleuve jusqu'à son confluent avec le
Missouri, En cet endroit elle avait disparu, comme des centaines d'autres aventuriers, pour aller chercher fortune dans l'intérieur.
Bien certain de ces faits, Middleton emmena avec lui une petite escorte des hommes dont il était le plus sûr, prit congé de don Augustin, sans lui parler de ses espérances ni de ses craintes, et, parvenu au point qui lui avait été incliqué, il commença sa poursuite dans le désert. Il ne lui fut pas difficile de suivre la piste d'un cortège tel que celui d'Ismaêl, tant qu'il fut dans les limites ordinaires des habitations ; mais quand il reconnut que les émigrants les avaient dépassées, cette circonstance augmenta naturellement ses soupçons, et donna une nouvelle force à son espoir de réussir.
N'ayant plus à espérer de pouvoir obtenir des renseignements verbaux dans les solitudes où il entrait, l'époux inquiet ne put compter que sur les signes ordinaires qui indiquaient le passage de ceux qu'il poursuivait. Cette tâche fut assez facile, jusqu'à ce qu'il fût arrivé sur les Prairies ; mais là le sol dur ne conservant plus aucune empreinte de leur marche, il se trouva complètement en défaut, et il crut devoir faire marcher isolément et dans différentes directions ceux qui l'accompagnaient, après leur avoir fixé un rendez-vous à un jour assez éloigné. En multipliant ainsi -le nombre des yeux, il espérait retrouver plus aisément la trace qu'il avait perdue. Il était seul depuis huit jours quand le hasard lui fit rencontrer le Trappeur et le chasseur d'abeilles. Nous arons rapporté une partie de leur en-





































































































































































 


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