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LA PRAIRIE


avec.de pareilles balles.



Me croirez-vous à présent, Ismaêl, quand je vous dis que ce vieillard est un espion des Peaux-Rouges ?
Le plomb fatal |..assa de main en main, et malheureusement pour la réputation du vieillard, plusieurs de ces jeunes gens se souvinrent aussi de lui avoir vu des balles semblables, lorsqu'ils avaient examiné avec curiosité tout son accoutrement. Indépendamment de cette blessure, Asa en avait reçu plusieurs autres moins dangereuses, et qu'on regarda comme autant de preuves du crime dont on accusait le Trappeur.
Depuis l'endroit où l'on avait trouvé les premières traces du sang, jusqu'au petit bois vers lequel on croyait généralement qu'Asa avait battu en retraite pour y chercher un refuge, on remarqua plusieurs emplacements qui semblaient avoir été le théâtre d'une lutte. Cette circonstance fut interprétée comme une nouvelle preuve de la faiblesse du meurtrier, qui aurait achevé plus promp-tement sa victime si la vigueur du moribond, due à sa jeunesse, ne l'eût rendue encore formidable pour un adversaire chargé du poids de tant d'années. La crainte d'attirer sur le lieu quelqu'un des autres chasseurs, s'il tirait une seconde fois, parut un motif suffisant pour expliquer pourquoi il n'avait par rechargé son fusil après avoir blessé son antagoniste. L'arme du défunt ne se trouva point : son assassin s'en était sans doute emparé, ainsi »|ue de plusieurs objets plus légers, qu'Asa portait ordinairement sur lui.
Mais ee qui, indépendamment de la balle, semblait faire peser plus particulièrement sur le Trappeur le soupçon du crime dont on l'accusait, ce fut la preuve qu'on obtint, en suivant les traces du sang, qu'Asa quoique blessé à mort, avait encore été en état d'opposer une résistance longue et désespérée aux efforts de son meurtrier. Ismaêl sembla appuyer sur cette preuve avec un singulier mélange de douleur et d'orgueil ; de douleur d'avoir perdu un fils dont il faisait grand cas, malgré les torte dont il avait pu se rendre coupable; d'orgueil, en voyant le courage et la force qu'il avait montrés jusqu'à son dernier soupir.
— Il est mort comme devait mourir un de mes fils ! s'écria-t-il avec une sorte de triomphe, comme s'il eût cherché une froide consolation dans cette idée hors de la nature; ils s'est fait craindre de son ennemi jusqu'au bî.ut, et sans avoir aucune aide des lois ! Allons ! enfants, il faut songer d'abord à lui creuser une fosse, et ensuite à poursuivre son meurtrier.
Les jeunes gens s'acquittèrent de cette triste besogne. Le père seul adressa à haute voix une prière au Seigneur en lui demandant pardon pour les fautes de son fils ; les autres prièrent en silence. La petite troupe retourna vers le lieu d'où elle était partie le matin, pour s'occuper d'une recherche qui avait été couronnée d'un si fatal succès. La marche longue et mutile qu'ils avaient faite, en suivant les instructionsd'Abiram, la découverte du corps d'Asa, et les travaux nécessaires pour lui donner la sépulture, avaient employé tant de temps, que, lorsqu'ils se remirent en marche pour traverser l'espace désert qui séparait Ia





































































































































































 


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