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LA PRAIRIE
| des intérêts opposés
et calmait des méfiances ÏWK tionales; elle ouvrait mille voies au commerce intérieur et à la navigation de l'océan Pacifique ; et, si le temps ou la nécessité amenait une division paisible de ce vaste empire, elle nous assurait un voisin qui parler ait la même langue que nous, qui aurait la même religion, les mêmes institutions, et, il faut aussi l'espérer, les mêmes principes de droit politique,
Quoique la cession eût été faite en 1803, le printemps de l'année suivante s'ouvrit avant que la prudente discrétion de l'Espagnol qui administrait la province au nom de son souverain voulût permettre la prise de possession, ou même l'entrée des nouveaux propriétaires. Mais, à peine les formalités de la cession eurent-elles été accomplies, et le nouveau gouvernement reconnu, que des essaims de ce peuple turbulent, qui s'agite sans cesse aux extrémités de la population américaine, s'enfoncèrent dans les bois qui bordent la rive droite du Mississipi, avec la même persévérance et le môme courage insouciant qui avaient guidé un si grand nombre d'entre eux dans leur pénible émigration des pays atlantiques à la rive orientale du du Père des fleuves (Y).
Le temps seul pouvait effectuer le mélange des nombreux et riches colons de la Basse-Louisiane avec leurs
a nouveaux compatriotes ; mais la population plus pauvre,
et plus disséminée de la province supérieure fut presque immédiatement engloutie par le torrent de l'émigra-
(1) On appelle ainsi le Mississipi dans différentes langues indiennes.
tion. Cette invasion du côté de l'est était le réveil violeni et subit d'un peuple qui s'était imposé une contrainte momentanée, après que le succès avait rendu sa force presque irrésistible. Les fatigues et les périls de leurs premières entreprises furent bientôt oubliés, quand ces contrées immenses et inconnues, se présentant à leurs yeux avec tous leurs avantages réels ou supposés, leur ouvrirent une nouvelle carrière. Les conséquences furent celles qu'on devait aisément prévoir, lorsqu'une occasion aussi attrayante s'offrait à une race habituée depuis longtemps aux entreprises aventureuses, et nourrie dans les périls.
Des milliers des plus anciens habitants de ce qu'on appelait alors les Nouveaux États, s'arrachèrent aux douceurs de la vie paisible qu'ils avaient achetées par tant de travaux, et, à la tête de bandes nombreuses de jeunes descendants que les forêts de l'Ohio et du Ken-tucky avaient vus naître, ils s'enfoncèrent plus avant dans les terres, cherchant ce qu'on pourrait appeler, sans le secours de la poésie, leur atmosphère naturelle, celle qui était plus conforme à leurs goûts.
Lorsque des hommes courent après des aventures pareilles, ils sont ordinairement entraînés par la force d'habitudes antérieures, ou trompés par les espérances qu'ils ont formées en secret. Quelques-uns, suivant ce; vain fantôme et voulant devenir riches tout à coup, se mirent à chercher les mines du territoire encore vierge, mais ce fut le petit nombre ; et la très-grande partie des '•. émigrants se bornèrent à s'établir sur les bords dés grands
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