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LA PRAIRIE
| FENIMORE COOPER
LA PRAIRIE
CHAPITRE PREMIER,
On a beaucoup parlé et beaucoup écrit dans les temps sur,la question de savoir s'il était politique de réunir les vastes contrées de la Louisiane au territoire déjà immense, et seulement à demi habité, des États-Unis ; cependant, quand la chaleur de la discussion se fat un peu calmée, et que les., motifs d'intérêt personnel eurent fait place à des idées plus libérales, on commença généralement à convenir de la sagesse de la mesure. Il devint bientôt évident, môme pour le cervean le plus étroit, que, tandis que la nature avait arrêté à l'ouest notre population par une barrière de déserts, cette mesure nous avait rendus
maîtres d'une ceinture de contrées fertiles, qui, dans les révolutions journalières, auraient pu devenir la possession d'une nation rivale. Elle,nous donnait exclusivement la clef d'un grand commerce intérieur, et mettait entièrement sous notre dépendance les féroces tribus de sauvages qui habitent le long de nos frontières. Elle conciliait des intérêts opposés, et calmait des méfiances ÏWK tionales; elle ouvrait mille voies au commerce intérieur et à la navigation de l'océan Pacifique ; et, si le temps ou la nécessité amenait une division paisible de ce vaste empire, elle nous assurait un voisin qui parler ait la même langue que nous, qui aurait la même religion, les mêmes institutions, et, il faut aussi l'espérer, les mêmes principes de droit politique,
Quoique la cession eût été faite en 1803, le printemps de l'année suivante s'ouvrit avant que la prudente discrétion de l'Espagnol qui administrait la province au nom de son souverain voulût permettre la prise de possession, ou même l'entrée des nouveaux propriétaires. Mais, à peine les formalités de la cession eurent-elles été accomplies, et le nouveau gouvernement reconnu, que des essaims de ce peuple turbulent, qui s'agite sans cesse aux extrémités de la population américaine, s'enfoncèrent dans les bois qui bordent la rive droite du Mississipi, avec la même persévérance et le môme courage insouciant qui avaient guidé un si grand nombre d'entre eux dans leur pénible émigration des pays atlantiques à la rive orientale du du Père des fleuves (Y).
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